Conversation avec M./ 2 versions (O. C3/P2)
1.
Tu es assise au pied de cet arbre que l’on avait vu une fois, je ne sais pas si tu te souviens, dans ce verger qui te faisait penser à Oliveira. Un bel arbre. Je ne sais pas pourquoi, sûrement des relents catholique qui sont là, dans l’air, mais cet arbre me faisait penser possiblement au premier arbre. J’aime cet espace, comme il est délimité. Tu es assise et tu lis. Je ne sais plus quel livre, en une langue que je ne reconnais pas.
Soudain, entre dans le champ, un squelette qui me semble familier. Il mange une mangue. Il tient une laisse, avec au bout un tout petit animal que je ne reconnais pas. Il te regarde quelque temps. Toi, tu lis. Il a l’air intrigué.
Il s’adresse soudain à toi, en portugais. Il se présente, João César Monteiro, enchanté. Bien. Tout de suite, il attaque qu’est ce donc que ce livre ; il le prend, le jette. Il parle beaucoup et vite. Tu écoutes, attentive, un instant, il se tait. Puis, tu mets ta main dans ta culotte et en ressort un poil que tu lui tends avec déférence. Il le prend et l’implante d’un geste vif sur son crâne lisse. Il tend la main et vous faites quelques petits pas de danse, alors qu’il chantonne ; Puis vous partez tranquillement en marchant.
2.
Tu es assise au pied de cet arbre que l’on avait vu une fois, je ne sais pas si tu te souviens, dans ce verger qui te faisait penser à Vale Abraão. Un bel arbre, seul, au milieu. J’aime cet espace, comme il est délimité. Tu es assise et tu lis. Je ne sais plus quel livre, en une langue que je ne reconnais pas.
Arrive ensuite un squelette qui me semble familier. Il s’arrête à quelques pas de toi. Il te regarde tranquillement, tout en prenant le temps de soigneusement découper une mangue. Il tient en laisse un tout petit animal, squelette aussi, que je ne reconnais pas. Toi, tu lis. Il a l’air intrigué.
Il s’adresse soudain à toi, en portugais. Il se présente, João César Monteiro, enchanté. Bien.
Il s’approche et tout de suite attaque, qu’est ce donc que ce livre ; il le prend, le jette. Il parle beaucoup et vite. Tout en parlant, il te tend des morceaux de mangues. Tu écoutes, attentive, un instant, il se tait.
Il fait beau. Un instant silencieux, et tu glisses furtivement ta main gauche sous ta culotte, et en ressort aussitôt un poil que tu lui tends avec déférence. Il le prend et l’implante d’un geste vif sur son crâne lisse. Satisfait, il tend la main et vous faites quelques petits pas de danse, alors qu’il chantonne ; Puis vous partez tranquillement en marchant.

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